رحلات كريستوف كولومب الاربعة

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رحلات كريستوف كولومب الاربعة

مُساهمة  Admin في الثلاثاء 8 فبراير 2011 - 21:52

Le Ier voyage (1492-1493)
Premier voyage : 3 août 1492 – 15 mars 1493

Répliques des trois navires de Colomb (1893).
Le voyage inaugural de Colomb est celui qui est le mieux connu des historiens. Comme l'écrit Jacques Heers : « Pour nous en tenir au temps de Colomb, de tous les voyages maritimes du temps (...) aucun ne peut être connu (...) avec tant de minutie et de sérieux. » Deux documents écrits permettent de suivre les navires de l'explorateur : le Journal, dans la version donnée par Bartolomé de Las Casas, et la lettre à Santangel, écrite le 14 février 1493 sur la route du retour, sorte de bilan de son expédition adressée en Espagne. Par ailleurs, à compter de 1938, l'amiral américain Samuel Eliot Morison a entrepris de refaire le périple du Génois et a pu, en ce qui concerne le premier voyage, « pointer sur la carte la position des navires chaque soir »
Le 3 août 1492, Colomb est au départ à Palos de la Frontera (Huelva) avec 3 navires — 2 caravelles, la Pinta et la Niña, et une nef, la Santa Maria (qui ne prendra ce nom que lors des voyages ultérieurs de Colomb) — et pas plus de 90 membres d'équipage. Une première escale a lieu aux îles Canaries, à Las Palmas de Gran Canaria du 9 août au 6 septembre, (la route du sud a été choisie pour éviter les croisières portugaises au large des Açores). Là, Colomb et ses hommes approvisionnent en bois, en eau et en vivres. Les marins profitent de l'escale pour réparer les navires. Puis, portés par les vents d'est, ils reprennent la mer direction plein ouest: Colomb conserve la latitude des îles Canaries, qu'il croit être celle du Japon.
Dix jours plus tard, le 16 septembre, apercevant des masses d'herbes voguer, l'équipage croit être près de la terre ferme. Ils entrent en fait dans la mer des Sargasses, une région située à environ 1 600 kilomètres des côtes américaines. L'océan Atlantique, recouvert de ces grandes algues, y est plutôt calme et les vents presque nuls. À partir du 19 septembre, les vents faiblissent fortement, immobilisant les bateaux. Une grande inquiétude finit par s'installer au sein de l'équipage.
L'arrivée de Christophe Colomb en Amérique
Le 25 septembre, Martín Alonso Pinzón, le capitaine de la Pinta croit voir une terre, mais cela n'est en fait qu'une illusion optique. Le vent finit par se lever à nouveau, mais les jours passent, tandis qu'aucune terre n'est en vue. Colomb pense avoir dépassé l'Inde.
Le 7 octobre, l'autre frère Pinzon, Vicente, le commandant de la Niña est également victime d'une illusion d'optique. Colomb a une idée : observant les oiseaux, il décide de changer de cap, vers l'ouest-sud-ouest. Ce changement va marquer son succès. Le 10 octobre, les marins montrent cependant de l'impatience, ayant peur que les navires ne soient perdus. De plus, les vivres et l'eau douce commencent à faire défaut.
Le 12 octobre à deux heures du matin, après une traversée quasi parfaite, un marin de la Pinta, Rodrigo de Triana, annonce que la terre est en vue, les vaisseaux restent à deux heures des côtes, attendant le lever du jour, pour pouvoir accoster.
Dans la matinée, Colomb et les frères Pinzon prennent place dans une barque. Le navigateur croyant être dans l'archipel nippon, fait enregistrer la prise de possession de l'îlot pour compte du roi d'Espagne par le notaire qui les accompagne. Il le baptise du nom du Christ : San Salvador (Guanahani pour les Indiens Taïnos) et s'en fait nommer vice-roi et gouverneur général.
La première rencontre avec les indigènes – que Colomb nomme « Indiens » car il pense avoir atteint les Indes – est encore pacifique. Ceux-ci lui apportent du coton, des perroquets et d'autres objets. L'interprète que le navigateur avait embarqué à son bord n'est pas d'une grande utilité. Lors de ce premier contact, avec force gestes, répétitions et quiproquos, les Taïnos indiquent – ou les Espagnols comprennent – que de l'or se trouve en quantité importante sur une grande île au sud-est, habitée par des populations d'anthropophages qui leur sont hostiles.
Le 28 octobre, Colomb accoste dans une baie (aujourd'hui « baie de Bariay ») de cette île qu'il nomme alors Juana, en l'honneur du prince Don Juan, le fils des rois catholiques : cette île est aujourd'hui connue sous le nom de Cuba. Il pense connaître parfaitement sa position sur le continent asiatique. Ses hommes et lui-même apprennent à fumer de grandes feuilles séchées : le tabac. Se croyant à Cipangu (le Japon), Christophe Colomb, envoie Luis de la Torre et Rodrigo de Jerez à la recherche du Grand Khan à l'intérieur des terres.
Le 12 novembre, les vaisseaux reprennent la mer. Mais le 23 novembre, Colomb perd de vue la Pinta, il accuse alors son capitaine Martín Alonso Pinzón d'avoir déserté. En réalité, celui-ci est parti seul à la découverte de ce prétendu Japon tant convoité. Colomb retourne à Cuba. On lui évoque alors une île située à l'est de Cuba, que les indigènes appelle Bohio. Il devrait y trouver de l'or, mais les peuples qui l'habitent sont des mangeurs d'hommes ! Il appareille le 4 décembre.
Deux jours plus tard, le 6 décembre, la Niña et la Santa Maria mouillent dans une baie de l'île de Bohio (en réalité au « Môle Saint-Nicolas » au nord-ouest d'Haïti), Colomb la baptise du nom d'Hispaniola (« L'Espagnole »), car elle lui rappelle les campagnes de la Castille. On la connaît aujourd'hui sous le nom de « Saint-Domingue ». Les habitants locaux se montrent plutôt craintifs, pensant que les Espagnols viennent du ciel. Des relations amicales se nouent cependant et les marins reçoivent un peu d'or.
Mais un événement malheureux se déroule au cours de la nuit du réveillon de Noël : alors que seul un mousse est à la barre de la Santa Maria – au mépris de toutes les règles de la marine – le navire vient s'échouer sur un récif dans la nuit du 24 au 25 décembre 1492. Le navire est perdu et seule l'aide des Indiens permet de débarquer dans l'urgence la plus grande partie de la cargaison. Colomb doit se résoudre à laisser 39 hommes sur place dans un petit fortin édifié dans la baie de La Navidad (située non loin de l'actuelle ville de Cap-Haïtien), avec le bois récupéré sur le navire échoué. Celui-ci reste dans l'histoire comme le premier établissement européen du Nouveau Monde.
Alonso Pinzon est de retour. Il cherche à justifier sa recherche solitaire. Colomb, estimant qu'il vaut mieux ne pas se diviser, fait semblant d'accorder du crédit au récit de Pinzon. Longeant les côtes nord de l'île, les deux navires restant arrivent dans la baie de Samaná, ils y rencontrent les cannibales déjà évoqués. Plus agressifs que les Arawaks, ils déclenchent une escarmouche et Colomb décide de battre en retraite. Mais les marins en ont assez de leur vie dans ces îles, ils veulent rentrer en Europe. Christophe Colomb met le cap vers l'Espagne le 16 janvier 1493, aidé par de bons vents.
Le 12 février, la Pinta, commandée par Alonso Pinzon disparaît de nouveau lors d'une tempête. Les marins de la Niña prennent peur et prient. Colomb craint de ne pas arriver en Espagne pour conter ses découvertes, il consigne celles-ci sur un parchemin qu'il entoure d'une toile cirée et met dans un tonneau qu'il jette à la mer, demandant à celui qui le découvrira de porter le parchemin au roi d'Espagne.
Trois jours après, le temps se calme. La Niña s'arrête dans une île de l'archipel portugais des Açores. Le 18 du mois, le vaisseau repart, mais une nouvelle tempête lui fait perdre son cap.
Le 4 mars, Colomb arrive dans l'estuaire du Tage. La nouvelle de sa découverte des Indes s'est déjà répandue. De tout Lisbonne, la population se précipite pour voir les Indiens que celui-ci a ramenés à son bord. Colomb apprend que la Pinta, qui avait dérivé vers la Galice, est arrivée avant lui au port de Baiona.
Jean II, roi du Portugal, demande à voir l'explorateur. Le 9 mars, le roi le reçoit en audience privée. Ce dernier l'écoute avec attention, mais à la fin de l'entretien, affirme que c'est à lui que reviennent les découvertes de Colomb, compte tenu d'accords internationaux. Le découvreur quitte le Portugal le 13 mars pour Palos, qu'il atteint finalement le 15, en même temps que la Pinta. Le capitaine Alonso Pinzon meurt de la syphilis un mois plus tard.
Le IIe voyage (1493-1496)
Deuxième voyage : 25 septembre 1493 – 11 juin 1496
Dès son retour à Palos, Colomb prépare rapidement une nouvelle expédition beaucoup plus ambitieuse avec une flotte de 17 navires et environ 1 500 hommes dont 700 colons et 12 missionnaires, ainsi que des chevaux (les premiers importés sur le continent américains), des bêtes de somme et du bétail. Son objectif est de fonder une colonie sur Hispaniola et de retrouver les 39 hommes qu'il a laissés dans la Baie de la Natividad.
Il lève l'ancre pour ce nouveau voyage le 25 septembre 1493 de Cadix.
La première terre qu'il aperçoit, 21 jours après avoir quitté les îles Canaries est La Désirade qu'il baptise ainsi Desirada, tant la vue d'une terre fut désirée par l'équipage. Les autres îles ne sont pas loin
Le dimanche 3 novembre 1493, une autre île est en vue, que Colomb nomme Maria Galanda (Marie-Galante), du nom du navire amiral.
Une troisième se présente à l'horizon, ce sera Dominica (la Dominique) puisqu'elle apparaît un dimanche matin, où il débarquera.
Le lendemain matin, 4 novembre, ils reprennent la mer vers une île plus grande dont ils avaient aperçu au loin les montagnes. Colomb décide alors de jeter l'ancre devant cette île afin d'accorder quelques jours de repos à ses hommes. C'est l'île de Caloucaera "Karukera" (nom donné par les Caraïbes) et qui fut rebaptisée "Santa Maria de Guadalupe de Estremadura" (c'est la Basse-Terre de la Guadeloupe), pour honorer une promesse (donner le nom de leur monastère à une île) faite à des religieux lors d'un pèlerinage, ou qu'il s'était faite à lui-même lors des tempêtes de son précédent retour.
Puis il repart vers le nord en direction d'Hispaniola. Il aperçoit ensuite une petite île qu'il baptise Montserrat en référence, selon les sources, soit au massif de Montserrat, une montagne voisine de Barcelone, soit à l'Abbaye de Montserrat située dans ce massif.
Le 11 novembre 1493, jour de la fête de saint Martin de Tours, la flotte aperçoit une île au large et la baptise du même nom : Saint-Martin, et aperçoit à l'horizon une autre petite île qu'il baptise du nom de son frère Bartolomeo, Saint-Barthélemy.
Le 2 janvier 1494, il fonde « La Isabela », première colonie permanente du Nouveau Monde (actuellement localisée près de la ville Domicaine de Puerto Plata), et passe les quatre mois suivants à organiser la première colonie espagnole du Nouveau Monde dont Bartolomeo a été nommé gouverneur, et fut secondé Giacomo, son troisième frère.
Le 2 février, il renvoie en Espagne douze bâtiments sous le commandement d'Antonio de Torres, à qui il confie un rapport destiné aux souverains catholiques, document qui a été conservé. Le 24 avril, Colomb décide de reprendre une activité d'exploration et il part avec trois navires, dont la Nina, explorer l'ouest pour, comme l'écrit Morison, « suivre la côte jusqu'au moment où il obtiendrait la preuve définitive du caractère continental de cette terre et, si possible, prendre contact avec le Grand Khan qui semblait toujours se dérober devant lui ».
Il suit la côte sud de Cuba. De là il part le 3 mai pour atteindre la côté nord de la Jamaïque. Il reprend le 14 l'exploration de la côte sud de Cuba et continue de faire voile vers l'ouest. À moins de cinquante milles du cap Corrientes, Colomb décide que Cuba est bien une péninsule du continent asiatique. Il ordonne à tous les hommes qui l'accompagnent de le certifier par écrit et de s'engager à ne jamais affirmer le contraire sous peine d'une amende de mille maravédis.
Le 13 juin il s'engage sur la route du retour et en profite pour faire le tour de la Jamaïque. La navigation dans les cayes est difficile. Il revient à La Isabela le 29 septembre malade et déprimé, premiers signes d'un dégradation de son état de santé, due en grande partie à l'arthrite.
À Hispaniola, selon l'expression de Denis Crouzet, « un immense désastre a débuté ». Les Espagnols pressurent les Indiens en leur imposant un tribut d'or et de coton. Ils sont nombreux à être réduits en esclavage. Les mauvais traitements, dont la torture, entraînent une très importante mortalité de la population. Les Indiens fuient et se réfugient dans les montagnes, abandonnant leurs activités agricoles, cédant au désespoir. Les rares insurrections sont matées avec la plus extrême férocité. Colomb déploie son énergie à « pacifier » l'île.
Colomb repart pour l'Espagne le 20 avril 1496. Il atteint Cadix le 11 juin.
Le IIIe voyage (1498-1500)
Troisième voyage : 30 mai 1498 – fin octobre 1500
Il semble que ce soit à son retour du 2e voyage que Colomb ait décidé de se vêtir désormais de l'habit des frères Mineurs. Il souhaite organiser tout de suite un troisième voyage mais les Rois Catholiques sont occupés à contrer le royaume de France qui progresse en Italie, et ce n'est que le 23 avril 1497 qu'ils donnent les premières instructions pour préparer le prochain voyage. La préparation du voyage, affrètement des navires et enrôlement des équipages est longue et difficile.
Avant de partir, le 22 février 1498, Colomb établit, faveur des souverains, un majorat en faveur de son fils aîné Diego.
Le 30 mai 1498, les six navires commencent leur voyage dans l'Atlantique en passant la barre de Sanlúcar. Colomb souhaite découvrir des terres au sud des Antilles, c'est pourquoi il descend d'abord jusqu'aux îles du Cap-Vert pour ensuite mettre le cap à l'ouest. Avant cela, au moment où la flotte fait escale à La Gomera aux îles Canaries, trois navires, commandés par Harana, Carjaval et Giovanni Colomb, partent directement ravitailler les colons d'Hispaniola.
Territoires visités : Saint-Vincent, Grenade, Trinité, Margarita, Venezuela.
Le 31 août, Colomb arrive à Hispaniola. Cela fait deux ans et neuf mois qu'il avait quitté l'île. Il la retrouve en proie à des troubles sévères orchestrés par Francisco Roldan que son frère Bartolomè, capitaine général et président du Conseil des gouverneurs, a bien du mal à circonscrire. En août 1500, Francisco de Bobadilla, émissaire des rois, débarque sur l'île et fait jeter les trois frères Colomb au cachot avant de les renvoyer en Espagne. Fin octobre 1500, il débarque à Cadix humilié et accusé.
Le IVe voyage (1502-1504)
Quatrième voyage : 3 mai 1502 – 7 novembre 1504
Colomb attend six semaines avant que les souverains ne le libèrent et lui demandent de les rejoindre à la cour, le réconfortant d'un don de 2 000 ducats. En décembre 1500, il se rend à Grenade avec l'intention de faire réparer l'injustice dont il s'estime victime mais rien ne vient et l'Amiral écrit lettres sur lettres pour appuyer ses revendications. Le 13 septembre 1501, Nicolás de Ovando est nommé gouverneur et magistrat suprême des îles des Indes, ne restent à Colomb que son titre de vice-roi désormais strictement honorifique et ses privilèges. Il décide donc de repartir en voyage d'exploration pour essayer de trouver plus loin à l'ouest des Caraïbes le passage permettant d'atteindre les riches royaumes de l'Inde, toujours persuadé que Cuba est la province chinoise de Mangi. Le 14 mars 1502, les souverains donnent leur accord, lui donnent des instructions précises et financent l'expédition.
La flotte est composée de quatre caravelles pour cent quarante membres d'équipage dont une importante proportion de mousses : la Capitana, navire amiral, le Santiago, commandé par Bartolomeo Colomb, la Gallega et la Vizcaina. Colomb n'emporte donc aucun ravitaillement pour l'Hispaniola que ses instructions lui intiment de ne pas aborder, sauf en cas d'extrême nécessité.
Aucun récit exhaustif ne décrit précisément les événements survenus lors de ce quatrième et dernier voyage entamé par Colomb le 11 mai 1502. Il semble en effet que l'Amiral n'ait pas tenu de journal, et seul peut-être son fils Fernando, alors âgé de treize ans, aurait pris sous la dictée des observations de son père, dont quelques traces figurent dans l'histoire qu'il a écrite plus tard. Seule une relation abrégée écrite par Colomb, rédigée vers les mois de juin/juillet 1503, et à destination des rois est parvenue jusqu'à nous.
Le 15 juin 1502, il passe à proximité de la Martinique, le 18 il atteint la Dominique et parvient le 24 devant Saint-Domingue. Malgré l'interdiction royale d'aborder à cette île, Colomb a senti l'imminence d'un cyclone et souhaite abriter sa flotte.
Colomb navigue le long des côtes du Veragua et du Panamá jusqu'en juin 1503.
Ce sont des bateaux faisant eau de partout que Colomb fait échouer dans la baie de Santa Gloria et hâler sur la rive sur l'île de la Jamaïque le 25 juin 1503. Ils y survivent un an jusqu'à ce que des secours les rejoignent à la fin juin 1504.
Les survivants repartent finalement pour l'Espagne le 12 septembre 1504, et arrivent le 7 novembre dans le port de Sanlúcar de Barrameda.

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